Cloches de liesse et cérémonial : l’histoire de la commémoration du 8 mai 1945
✦ L’origine du 8 mai : une double capitulation
Le 8 mai 1945 marque la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, mais cette date est en réalité le fruit d’un compromis politique. La première reddition inconditionnelle des armées allemandes est signée à Reims le 7 mai 1945 à 2h41, au sein du collège moderne et technique transformé en quartier général allié. Staline, estimant que l’URSS méritait d’être au cœur de la capitulation, exige une seconde signature à Berlin. Celle-ci a lieu le 8 mai 1945 à 23h01, en présence du maréchal Keitel pour l’Allemagne et du maréchal Joukov pour l’URSS. C’est la date de cette seconde cérémonie, largement diffusée, qui est restée dans les mémoires.
En France, la nouvelle est officialisée le 8 mai après-midi. Les cloches de toutes les églises se mettent à sonner et le général de Gaulle annonce la victoire à la radio. Dans la foulée, les 8 et 9 mai sont déclarés exceptionnellement fériés, tandis que la foule envahit les Champs-Élysées et la place de la Concorde pour fêter la fin des hostilités.
✦ La première cérémonie officielle : une reconnaissance tardive
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette date n’a pas été immédiatement inscrite dans le calendrier des commémorations nationales. La première loi instaurant une cérémonie officielle est votée le 7 mai 1946 : elle prévoit que la commémoration de la victoire aura lieu le 8 mai, mais uniquement si ce jour tombe un dimanche, sinon le premier dimanche suivant. Il faut attendre 1953 pour que le 8 mai devienne un jour férié à la demande des anciens déportés et résistants.
Mais les revirements politiques ne manquent pas : en 1959, on revient au deuxième dimanche de mai ; en 1975, Valéry Giscard d’Estaing supprime purement et simplement la commémoration pour la remplacer par la « Journée de l’Europe ». Ce n’est qu’en 1981 que François Mitterrand rétablit définitivement le 8 mai comme jour férié et chômé, en hommage aux combattants de la Seconde Guerre mondiale.
✦ Le déroulement des commémorations : un cérémonial millimétré
Aujourd’hui, chaque 8 mai donne lieu à des cérémonies sur l’ensemble du territoire. En région parisienne, le protocole suit un fil conducteur précis, comme lors du 80e anniversaire célébré en 2025 :
· 17h20 : dépôt d’une gerbe devant la statue du général de Gaulle, rond-point des Champs-Élysées.
· 17h50 : arrivée du président de la République place de l’Étoile, honneurs militaires et revue des troupes.
· 18h10 : discours présidentiel.
· 18h30 : dépôt de gerbe sur la tombe du Soldat inconnu, ravivage de la flamme, sonnerie « Aux morts », minute de silence, interprétation de la Marseillaise par le Chœur de l’Armée française, puis salutation des porte‑drapeaux.
· 19h10 : parade d’associations du monde combattant et de reconstitueurs, clôturée par le survol de la Patrouille de France.
Ce cérémonial constitue la trame officielle, véritable moment de communion nationale autour des valeurs de la Résistance et du devoir de mémoire.
✦ Médailles et drapeaux : les ornements de la mémoire
Parmi les plus emblématiques des médailles et décorations :
· La Médaille commémorative française de la guerre 1939‑1945 : créée le 21 mai 1946, elle est décernée à tous les militaires et civils ayant participé à la libération du territoire. Sa forme hexagonale unique et ses barrettes (France, Norvège, Libération, Afrique, etc.) racontent l’engagement de son titulaire.
· La Médaille militaire : remise à certains anciens combattants lors des cérémonies du 8 mai pour acte de bravoure ou service exceptionnel.
· La Légion d’honneur : le 8 mai 2025, à Paris, le président Emmanuel Macron a élevé au rang de chevalier de la Légion d’honneur le résistant Jean Daikhowski, 98 ans, lors d’un moment particulièrement émouvant.
Les porte‑drapeaux occupent également une place centrale dans le protocole. Leur drapeau, souvent entièrement brodé à la main, arbore les inscriptions de l’association représentée (UNC, Rhin et Danube, etc.), parfois rehaussées de lettres d’or et des armes de la ville. Une cravate tricolore est nouée sous la hampe, portant les noms des batailles et des campagnes auxquelles les anciens combattants ont pris part. Pendant la cérémonie, ces étendards brodés ponctuent le ravivage de la flamme et forment une haie d’honneur silencieuse.
L’insigne Porte-drapeau est ce jour là souvent remis à partir de 3 ans d’ancienneté puis pour les 10, 20 et 30 ans.
✦ Un patrimoine symbolique à transmettre
Les jeunes porte‑drapeaux incarnent quant à eux la transmission intergénérationnelle : formés par l’Office national des anciens combattants (ONaCVG), ils reprennent le flambeau des anciens combattants, parfois trop âgés pour défiler, et assurent la continuité du souvenir.
Le 8 mai n’est pas seulement un jour férié : c’est une page vivante de notre histoire, où chaque geste protocolaire, chaque décoration épinglée, chaque drapeau brodé raconte un engagement, un sacrifice ou une victoire. Pour les collectionneurs et les passionnés de symboles militaires, c’est l’occasion de redécouvrir le sens profond de ces objets de mémoire.
En revisitant ces commémorations, on mesure combien le devoir de mémoire reste fragile. Transmettre cet héritage, c’est aussi savoir reconnaître la valeur des insignes, des rubans et des étendards qui font briller, chaque année, la flamme du Souvenir sous l’Arc de Triomphe.
Pour toute information au sujet des médailles, des accessoires (barrette de pendantes, barrette de rappel, barrette de médailles miniatures), des rubans et rosettes… Mais aussi des drapeaux tricolores brodés au fil d’or, avec le logo de votre association, merci de nous contacter soit par mail : mouret@medailles-officielles.c
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